Coca-Cola Light: la pub donne parfois les clefs du succès
Traditionnellement, les pubs Coca-Cola Light sont orientées vers les filles. Objectif clairement atteint: la cible répond aujourd’hui encore, comme le prouve le site dévolu au produit, qui s’adresse à une femme active, belle et en pleine forme. Mais au travers de ces démarches commerciales, les femmes sont-elles les seules visées?
“Les femmes? Une cible logique” vous me direz. On s’entend bien là-dessus. Pour se remettre en situation, revoyons le cadre de lancement du produit: dans les années 1980-1990, c’était produits allégés à gogo, de sorte à pouvoir continuer de manger ce qu’on aimait sans culpabiliser autant qu’avant, et bien sûr le concept était suivi essentiellement par les femmes (ah, le mythe de la perfection plastique de la femme comme symbole d’accès à la réussite sociale… le féminisme n’aura pas eu raison de tous les clichés). Coca-Cola a donc tout naturellement suivi la mouvance.
D’un autre côté, avec l’ascension des top-modèles masculins à la même époque, on sent les prémices d’une nouvelle tendance : l’objectivation de l’homme et de sa plastique. Rappelez-vous, les pubs des débuts montraient carrément de beaux mecs, ouvriers ou livreurs, que toutes les femmes des bureaux attenants attendaient à heure fixe tous les jours pour profiter de leurs atouts physiques.
Observez la mise en application :
Le message a bien été reçu… par les hommes ! Si les femmes ont été les premières à répondre aux attentes des publicitaires, comme prévu, les hommes n’ont pas tardé à les imiter. Et de nos jours, aux USA en tous cas, les hommes consomment eux aussi du Coca édulcoré en grande quantité : après tout, « si on en boit plein en regardant la télé c’est moins grave ». Et comme on veut aussi plaire à l’autre sexe, et que le physique reste quoiqu’on en dise le premier atout d’une personne pour en aborder une autre, autant se faire plaisir avec un produit qui vous laissera le plus de chances de votre côté.
Du point de vue médical, l’opinion quant à l’absorption d’édulcorants est bien différente, pourtant : de l’avis de tous vos médecins, mieux vaut consommer un vrai Coca-Cola de temps en temps, avec tout le sucre que ça contient, qu’un Coca-Cola Light régulièrement (avec son piège à la calorie par verre, mais sa teneur en « faux sucre », le faux ami de votre métabolisme). Mais le Coca Light tient bon, et se diversifie en plus : sans caféine, à l’orange sanguine, au citron et au citron vert. Voilà donc une opération marketing… rondement menée, si l’on peut dire.
Plus encore, les nouveaux produits « Coca-Cola Light Plus » sont maintenant enrichis en vitamines et en antioxydants :
Hé oui, on suit la tendance, comme d’habitude… et au passage on essaie de satisfaire le besoin d’alicaments (ces aliments qui prennent soin de vous de l’intérieur) du consommateur averti. Toujours à la page, l’équipe Coca-Cola ! Lisez bien la pub : « les vitamines participent au bon fonctionnement de l’organisme ». Alors pas de sucres, pas de calories, et en plus c’est bon pour mon corps ? J’achète !
On note pourtant que la déclinaison n’est pas valable pour le soda dans sa version originale : pourquoi ? Si c’est bon pour l’allégé, c’est bon pour le sucré, non ? Bien joué, vous n’êtes pas dupes et vous avez compris qu’il s’agissait de contrebalancer l’aspect « diabolisé » par le milieu médical du produit édulcoré. Malin et efficace auprès du grand public, quoiqu’il en soit.
Vous verrez, bientôt on découvrira que le Coca c’est comme la soupe, ça fait grandir…
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Mademoiselle à Paris
Quand j’ai vu les pubs, je suis quand même restée 10 secondes à me demander si c’était une blague.
Ambre Muller
hé oui: c’est pas un poisson d’avril!