GQ, le magazine culte enfin en France!
Je vous l’annonçais il y a 3 mois dans cet article le magazine Gentlemen’s Quarterly (prononcez «djikiou» pour faire “in”) sort aujourd’hui dans tous les bons kiosques. Et ce magazine culte, cinquantenaire (dans sa version US) et autoproclamé “masculin, beau et intelligent” pourrait bien relever le niveau de la presse masculine.
Pourquoi ? Certainement pas grâce à ses 76 pages de pub qui précèdent le premier article, ni grâce à un quelconque pseudo buzz viral pur web surfant notamment sur une potentielle et avérée collaboration avec Mister Beigbeder, mais bien grâce à une annonce faite au porte-voix et son positionnement alternatif pour ce secteur (comprenez “no trash”). Exit Max, Maximal, Men’s Health…?
Pas forcément, car il en faut pour tous, mais avec une approche à mi-chemin entre Vogue, le Monde International et Première, ce généraliste chic parle aux hommes «sur un autre ton» (je n’invente rien, c’est écrit en lettres blanches sur la couverture noire du n°1). Il pourrait séduire cette clientèle en manque de nouveautés dont on nous parle de plus en plus, cet homme “entre 25 et 40 ans bien dans ses pompes, curieux, ouvert sur la politique, l’international, la mode, la beauté, l’évasion».
Bilan, une édition soignée, des articles particulièrement accrocheurs, de l’humour et de belles images, et… des tonnes de pub, très belles elles-aussi avouons-le. Vincent Cassel, «L’homme aux 100 visages», en fait la couv’, Frédéric Beigbeder y interroge François Bayrou sur gastronomie et la musique, Jeanloup Sieff y publie son charmant portfolio (nous restons des hommes).
Une approche web toute en finesse ! L’édition papier est donc bonne, vous l’aurez compris, mais la cerise sur le gâteau, c’est tout de même le site Internet public, avec une approche là aussi totalement différente. Moins axée sur les contenus que sur l’identité même de la marque, ce site véhicule clairement son côté divertissant sans tomber dans les travers des goodies “populaires” et sans offrir une miette de contenu du magazine. Une navigation horizontale à la Gucci, un écran noir très luxe, un contenu vidéo mis en avant dès la home, il est à la fois contemporain, chic et incitatif.
Fidélisant ?
Pas vraiment, mais est-il fait pour ça ? Non ! Il vend “l’odeur du steak”, il donne envie de se jeter vers le relais presse le plus proche pour feuilleter le nouvel arrivant. Et la compile de mini-spot visible depuis hier sur sa webTV YouTube joue clairement sur ce registre sans pour autant l’affirmer ouvertement. Regardez la version longue du spot, vous aurez un avant goût du discours et du ton.
Viralisant ?
Oui, j’en suis convaincu. Et tout en subtilité d’ailleurs. Ce qu’il y a de fabuleux dans ce site Internet c’est ce côté justement “proche de vous” qui fleure bon dès les premiers clics. Le module “GOODIES” en est une excellente représentation. Et pour cause… Pourquoi dire “ça fait cinquante ans qu’on est les meilleurs” quand on peut adopter l’approche subtile et tellement plus sympathique du “ça vous dirait de voir la couverture de GQ de votre année de naissance ?”.
Un petit bandeau de pub placé discrètement vous est présenté au passage, sans vous choquer, puis un autre clic sur la section goodies vous amènera vers un widget “clock” à choisir dans un lot de 4 couleurs… Presque inutile, très simple, mais logique puisque axé “fashion victim”!
Bien entendu, le formulaire d’abonnement est là pour vous rappeler qu’il serait bien de devenir un fidèle, ne serait-ce que pour le prix : après tout 15 euros pour 6 numéros, c’est presque donné.
Tout cela pourrait tout de même paraître bien limité d’un point de vue fonctionnel, pourquoi ne pas aller plus loin ? A vrai dire, la stratégie web semble plus orientée vers le recrutement d’annonceurs, en s’adressant directement à eux dans la rubrique B2B, qu’au lectorat lui-même. Plus qu’une rubrique, c’est bien un site à part entière qui va tenter de séduire les 120 marques présentables dans chaque édition (à vue de nez).
Transparence et gain de temps ! Là aussi, une approche rich media, de la vidéo et un kit complet permettant de savoir directement tout ce qu’il faut savoir sur le mag : dates de parution, plan media, tarifs de pub…
Simple, clair et efficace.. C’est peut-être pour tout ça que ce magazine né en 1957 aux Etats-Unis, trimestriel à l’origine, se vend aujourd’hui à 852 000 exemplaires par mois dans une quinzaine de pays.
Liens et pistes:
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Julie
La révolution du magazine masculin
Val
Intéressant…
Yoann Grange
Et à quand le magazine “féminin, beau et intelligent” pour les femmes ?
LW, Ladies Weekly ?